De la Réalite du Monde sensible

| février 2009 | 3 documents

Jean Jaurès
Œuvre philosophiques II 

Ce tome II des Œuvres philosophiques de Jaurès est consacré à sa thèse de doctorat, De la Réalité du Monde sensible, précédée d’une introduction, « La Patrie invisible », et accompagnée d’un résumé de cours et d’un article contemporains : « De la connaissance humaine » et « Dieu ».

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Documents :

  1. 4ème de couverture :

    Le 24 janvier 1910, dans son plus beau discours sur la laïcité, répondant aux interpellations de ses adversaires conservateurs et cléricaux, Jaurès déclarait à la tribune de la Chambre : « Voulez-vous me permettre de vous dire toute ma pensée ? Je vous la dis sans embarras : Je ne suis pas de ceux que le mot Dieu effraye. J’ai, il y a vingt ans, écrit sur la nature et Dieu et sur leurs rapports, et sur le sens religieux du monde et de la vie, un livre dont je ne désavoue pas une ligne, qui est resté la substance de ma pensée. Au risque de vous surprendre, je vous dirai que j’en ai fait il y a peu de temps une deuxième édition, et que je n’y ai fait aucun changement. »
    Alors que Jaurès fait aujourd’hui l’objet des revendications politiques les plus contradictoires, quoi de mieux indiqué que de revenir au texte fondateur de son action, expression prophétique d’une interrogation intime et existentielle ?
    Et de prendre la vraie mesure d’un penseur engagé qui, critiquant les prétentions de la science à tout réduire à la matière et bousculant la tradition philosophique depuis les présocratiques jusqu’aux post-kantiens, affirme la vérité du sensible, la réalité de l’espace et du temps et l’impossibilité de concevoir une pensée qui ne soit pas incarnée. Avec plusieurs décennies d’avance sur les phénoménologues du XXème siècle et l’ontologie heideggerienne.
    « L’être est parce qu’il est ». Mais il est précédé et comme suscité par la vérité. Œuvre théologique en pleine IIIème République, comme on ne l’avait plus osé depuis Malebranche et Leibniz, mais parfaitement argumentée, cela lui valut d’être écartée et ignorée. Un scandale philosophique.

  2. Le présentateur :

    Jòrdi Blanc, présentateur et éditeur du texte, écrivain, docteur en philosophie et diplômé en sciences économiques, est l’auteur d’une thèse sur Jaurès philosophe (1996).

  3. Extrait :

    « Quiconque n’a pas une foi ou besoin d’une foi est une âme médiocre ; quiconque a un système ou une doctrine pour appuyer sa foi est un lourd scolastique. De même, dans l’ordre social, on se plaît à parler de justice, à rêver de fraternité humaine, on a pour les humbles d’adorables attitudes de pitié. Mais si l’on se trouve devant les systèmes d’équité que les hommes de volonté et de cœur veulent faire prévaloir, on n’a que dédain pour les chimériques et l’attendrissement se nuance d’ironie ; l’arc-en-ciel mouillé de pleurs envoie dans l’espace ses flèches caustiques. C’est une ère d’impuissance raffinée et de débilité prétentieuse qui ne durera pas ; la conscience humaine a besoin de Dieu et elle saura le saisir malgré les sophistes qui n’en parlent que pour le dérober ; la société humaine a besoin de justice fraternelle et elle saura y parvenir malgré les sceptiques attendris qui ne demandent qu’une chose à la douleur universelle : un reflet de mélancolie douce sur leur propre bonheur. La scolastique prendra sa revanche, si l’on entend par là l’effort de l’esprit et cette netteté d’idées sans laquelle il n’est pas de conduite loyale. »

    « Le Problème et la Méthode »